Dans son livre Mon séjour en Alaska, Onésime affirmait, en effet, à l’époque: "Si Dieu m’a choisi pour les pénibles missions d’Alaska, c’est qu’Il veut me détacher des choses terrestres pour que je ne vive plus que pour celles du ciel. (Extrait de la Thèse de M. Carl Strauch).
SommaireBiographie du P. Onésime Lacouture, sj LES PREMIÈRES ANNÉES
Accueil Dans le confort de la civilisation, il est très difficile de rejeter tant de plaisirs qui se présentent quotidiennement et le coeur se laisse prendre à leur ensorcellement. C’est un grand bienfait de Dieu, quand il nous met dans l’impossibilité d’en jouir et qu’il met à la place toutes sortes de misères pour nous faire expier nos péchés et nous faire mériter des grâces nouvelles. Il faut donc que je commence à juger les événements autour de moi selon l’Esprit de foi, et selon l’intention divine, sans m’occuper de ce que pense le naturel en moi. Quoique Onésime Lacouture avait la certitude que c’était vraiment Dieu qui l’avait envoyé en Alaska, il ne comprenait pas pourquoi il avait tant de difficulté à se soumettre à Sa volonté. Il réalisa alors qu’il avait maintes attaches personnelles supplantant son désir d’accomplir la volonté divine. Il y avait encore beaucoup trop "d’humain" dans son ambition de faire de grandes choses pour la gloire de son Créateur. Sa passion de devenir savant n’était, en définitive, qu’une manifestation déguisée et trompeuse de son amour propre: c’est lui-même qu’il recherchait et non pas Dieu. Un combat se livra dans son âme, un combat dont il commençait à peine à saisir le gigantesque enjeu. Il devenait de plus en plus évident pour lui qu’il se devait de livrer une lutte terrible à son amour naturel. Dorénavant, il aurait, avec la grâce de Dieu, à contrarier et à briser cette vie naturelle s’abreuvant sans cesse à cette source tarie qu’est le "monde". Aussi avait-il ferme confiance que Celui qui l’avait amené en Alaska et qui lui avait dévoilé la Sagesse divine de la "folie de la Croix", lui donnerait bien la grâce d’endurer les contrariétés quand le temps serait venu. Onésime Lacouture revint ensuite à Montréal où, après avoir complété sa formation théologique, il fut ordonné prêtre le jour de la fête de saint Ignace, le 31 juillet 1916. Il était alors âgé de trente-cinq ans. La première guerre mondiale étant commencée depuis deux ans, on le nomma aumônier militaire en France et aux Indes. Licencié en 1919, il partit ensuite pour la Belgique pour y faire son "troisième an". De retour au Canada, il occupa successivement la fonction de préfet de discipline pendant trois ans au collège de Saint-Boniface au Manitoba (1920-1923), et celle de curé pendant quatre ans à la Mission iroquoise de Caughnawaga (actuellement Khanawake), à la périphérie de Montréal. C’est à cette époque, vers l927, que le père Lacouture commença à donner ses fameuses conférences sur la vie spirituelle qui provoquèrent chez les retraitants un tel enthousiasme et un tel engouement que ses Supérieurs lui demandèrent de se joindre à l’équipe des prédicateurs attachés à la Maison du Sault-au-Récollet.