AccueilLe bon Dieu Se plaît à combler de grâces des âmes parfois bien imparfaites, ayant bien des misères et des fautes à se faire pardonner. Pourquoi? Dieu sait que ces âmes, conscientes de leurs misères, ne Lui voleront pas Sa gloire et c’est pourquoi Il les comble. C’est ce qu’Il a fait à l’égard des premiers Apôtres. Ces hommes plutôt grossiers n’avaient pas beaucoup de vie spirituelle. Ils étaient assez terre à terre et avaient mené une petite existence sans grand idéal. Mais quand ils ont connu Notre-Seigneur, ils L’ont généreusement suivi. À Son école ils ont franchi les degrés de la vie spirituelle et sont devenus de grands Saints, les piliers de la sainte Église.
Les Charmes de l'Humilité
Séduire le Coeur de Dieu Nous voulons une place dans le coeur des humains, nous voulons avoir des amis sur la terre, nous quémandons la considération, l’estime, la petite affection si éphémère des mortels. Tout passe! Au moment où nous nous y attendons le moins, les humains nous tournent le dos aussi vite que vire le vent. Nos amis d’aujourd’hui, ceux sur qui l’on s’appuyait, nous abandonnent pour un rien. Dieu, Lui, demeure toujours fidèle. S’il nous était demandé d’être des perfections, d’avoir la sainteté pour conquérir le Coeur de Jésus, nous aurions raison de gémir car notre vie est pleine de misères; mais il nous est demandé d’être humbles. Ayons à cœur d’entrer toujours plus avant dans ces saints Coeurs de Jésus et de Marie. Nous y serons en sûreté. Là, plus rien n’est à craindre. Voulons-nous être à l’abri de tous les pièges du démon, de toutes ses tentations, de tous ses artifices, de tout ce qu’il complote pour essayer, dans sa jalousie, de nous ravir à Dieu? Réfugions-nous dans les saints Cœurs de Jésus et de Marie. Ils sont comme un château fort infranchissable où l’enfer ne peut pénétrer. Le diable s’ingénie constamment à essayer de nous faire perdre Dieu et le Ciel, comme lui-même les a perdus. On se dit parfois: «Comment remporter la bataille? Je me sens si faible.» Allons dans la forteresse des Coeurs de Jésus et de Marie. Le moyen pour y entrer, c’est l’humilité poussée à son plus haut degré, cette humilité sur laquelle on n’insistera jamais assez, car c’est la disposition qui plaît le plus à Dieu dans une âme. Le secret des Saints Dans son beau cantique sur l’humilité, saint Louis-Marie de Montfort dit de Dieu: «Il est l’insurmontable, mais l’humble est Son vainqueur. D’une force ineffable, il gagne tout Son coeur.» En d’autres termes, Dieu est le plus fort, Il est le Maître et on ne peut gagner sur Lui, mais l’humble, lui, réussit à faire plier Dieu, à remporter victoire sur Lui. Dieu a tellement un faible pour l’humilité, elle Lui est si douce qu’Il Se laisse vaincre par elle. Certaines âmes se plaignent, elles voudraient être choyées de Dieu, recevoir des grâces particulières. Sachons que le secret, c’est l’humilité. Dieu S’abaisse vers les humbles, Il les défend, Il fait des miracles pour les justifier. Quand tout le monde vous aura piétinés et qu’avec joie vous accepterez d’être sous les pieds de tous, que vous en serez contents, vous verrez Dieu intervenir. Dieu prend en main la cause des humbles; C’est Lui-même qui les conduit, les défend, les justifie. Je Vous rends grâces, Père, de ce que Vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents et que Vous les avez révélées aux petits et aux humbles, dit Notre-Seigneur dans l’Évangile. D’où vient que certaines âmes ont été si près de Dieu? C’est à cause de leur humilité. Dès ici-bas, les Saints ont eu la grâce de connaître les secrets divins, d’entrer dans Son intimité, parce qu’ils étaient humbles et petits. Les Saints ont eu aussi une grande fécondité apostolique parce que leur humilité les mettait en lien, en union avec Dieu. La Parole de Dieu sortant de la bouche d’une âme humble a des effets extraordinaires. L’humilité, c’est le contact avec Dieu. Une parole, un geste de l’humble produit des effets miraculeux, des effets divins parce que c’est Dieu Lui-même qui agit, parfois sous des dehors bien misérables. Voyez le saint Curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney. Il n’était pas un grand savant, mais par son humilité et sa simplicité, Dieu agissait, la glace des coeurs fondait devant lui. À côté de cela, beaucoup de grands savants sont passés sur la terre, ils ont fait des discours de toute beauté, mais ils étaient comme des cymbales retentissantes. Les plus belles choses qu’ils pouvaient dire ne produisaient aucun effet parce qu’elles sortaient d’un esprit enflé. D’ailleurs, le plus beau discours sur l’humilité ne pourra jamais valoir l’exemple de l’humilité vécue: l’acceptation de bon cœur d’une humiliation, la reconnaissance pour une correction qu’on nous fait, etc. L’exemple dépasse les discours. Source de joie et de paix L’humble est toujours dans la joie. L’orgueilleux, au contraire, a constamment le coeur à l’étroit; toujours quelque chose le menace ou l’indispose. Il a peur d’être humilié, d’être oublié, d’être mis de côté, d’être dépassé. Si, par exemple, vous voulez passer pour des saints en cachant vos défauts, vous allez toujours vivre dans la crainte qu’à un moment donné ils soient connus; vous allez vous troubler si on vous les reproche. L’orgueil tue la joie de l’âme. Au contraire, quelle joie et quelle paix goûtent les âmes ne cherchant que Dieu et non leur petite gloriole, les âmes prêtes à s’humilier, à avouer tous leurs travers. Il n’y a pas de barrière pour eux. Ils jouissent d’une liberté bien enviable. Si on allait au fond de l’âme de toutes les personnes tristes et sombres, on verrait que la cause de leur tristesse est l’orgueil. L’amour-propre est froissé, contrarié. La tristesse et le découragement envahissent l’âme. La disposition d’âme qui fait que l’on ne s’attriste de rien est une des formes de l’humilité. On est mal vu, on nous juge mal, on nous condamne, on nous regarde de travers, on nous rejette: si nous sommes humbles, ça ne nous fait ni chaud ni froid pourvu que Dieu soit content. Oui, l’âme humble est satisfaite de tout; il y a un contentement que seuls les humbles connaissent et que les orgueilleux ignoreront toujours. En réalité, si nous étions humbles, une seule chose pourrait nous attrister, c’est de voir que le bon Dieu est si offensé. La plupart des Saints ont été des âmes très joyeuses. Est-ce que nous reconnaissons ces indices chez nous: joie et paix, signes d’humilité ?... Ou tristesse et trouble, signes d’orgueil ?... L’humilité véritable rend libre. Par contre, la fausse humilité paralyse. Il y a des gens qui n’entreprennent rien, qui ne font rien parce qu’ils ont peur de se tromper, d’échouer, de faire rire d’eux. Ils seraient capables de bien des réalisations, même dans l’apostolat; mais ils ne font rien par crainte que ce ne soit un grand succès. Ils veulent tellement bien dire ce qu’ils ont à dire qu’ils aiment autant ne pas parler plutôt que de montrer qu’ils ne sont pas trop éloquents. En fin de compte, toute leur timidité vient de leur grand orgueil; ils ne sont pas débarrassés d’eux-mêmes. Ils ne veulent pas accomplir tel travail parce qu’ils savent qu’il ne sera peut-être pas très bien fait, alors qu’eux voudraient quelque chose de parfait. Donc, pour qu’on ne se rende pas compte qu’ils sont inhabiles, ils ne font rien. L’humble est plus audacieux d’une certaine façon; il est plus courageux, plus entreprenant que l’orgueilleux parce qu’il met sa confiance en Dieu tout-puissant. Il espère tout de Lui, et c’est pourquoi il entreprend des choses merveilleuses et réussit. Aussitôt que nous nous serons libérés de nous mêmes, nous nous épanouirons parce que toute notre confiance sera en Dieu. L’humilité donne des ailes. Dans une société, un groupe, il faut en toute simplicité et humilité donner ce qu’on peut. Demandons à la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère, de nous obtenir cette grande grâce de l’humilité qui nous rendra chers à Son Cœur comme au Coeur de Jésus. Quand un homme s’humilie de ses défauts, il apaise aisément les autres et se concilie sans peine ceux qui sont irrités contre lui. Dieu protège l’humble et le délivre; Il aime l’humble et le console; Il S’incline vers l’humble et lui prodigue Ses grâces, et, après l’abaissement, Il l’élève dans la gloire. Il révèle à l’humble Ses secrets; Il l’invite et l’attire doucement à Lui. Quelque affront qu’il reçoive, l’humble vit encore en paix, parce qu’il s’appuie sur Dieu et non sur le monde. (L’IMITATION DE JÉSUS-CHRIST, LIV. II, CHAP. II, V. 2)