Venez à Moi, vous qui ployez sous le fardeau et Je vous soulagerai.
AccueilSi ton prochain te force à faire mille pas avec lui, fais-en deux mille. Donne à qui te demande, et prête à qui veut t’emprunter.» Notre-Seigneur ne Se lasse pas d’aller au-delà de la loi ancienne, pour enseigner la loi parfaite de la charité. Cette condescendance évangélique est dure à prendre pour notre égoïsme. De tout temps, les hommes ont fait des commentaires à l’infini pour tenter d’atténuer le véritable sens des paroles de l’Évangile, les rendrent moins exigeantes. Hors le péché, bien entendu, le bon Dieu veut vraiment que nous cédions à notre prochain. Il ne veut pas que nous essayons d’emporter le morceau. On tient tête, on dit: «Il ne gagnera pas. Il ne me fera pas plier!» Cet esprit-là est un esprit diabolique. Notre prochain devrait gagner sur nous, en autant que la gloire de Dieu et le salut des âmes ne sont pas en jeu. Demandons au bon Dieu cet esprit d’humilité profonde, de charité vis-à-vis de notre prochain, de détachement universel pour tout ce qui nous concerne, d’abandon entier entre les mains de Dieu, d’esprit de foi. Adhérons dans notre cœur à tout ce que Dieu nous demande dans Son Évangile. Par-dessus tout, dit saint Paul, ayez la charité qui est le lien de la perfection. C’est le couronnement de toutes les vertus. L’humilité c’est la base; la charité c’est le couronnement de l’édifice. Notre Père des cieux a voulu envoyer Son propre Fils sur terre pour nous sauver et pour nous montrer la voie à suivre. D’abord par Son exemple, et plus tard par Sa parole, Jésus-Christ est venu nous enseigner à vivre en dignes enfants de Dieu. Je suis la Voie, la Vérité et la Vie... nous dit-Il. Celui qui Me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. Or, le plus grand exemple que Jésus nous ait donné, c’est celui de l’humilité. Lui, le Fils de Dieu, naît dans une crèche, Il Se fait tout petit, oublié, méconnu. Un jour, le Bx Charles de Foucauld entend le saint abbé Huvelin dire en chaire: «Notre-Seigneur Jésus a tellement pris la dernière place que jamais personne n’a pu la lui ravir.» Cette parole l’a bouleversé au point qu’il en a fait la devise de toute sa vie. Considérant que l’origine de tous les maux de l’homme était l’orgueil, Dieu a envoyé Son Fils sur terre, Jésus le Verbe de Dieu qui Se fait homme pour nous enseigner l’humilité. Cet abaissement est le plus grand exemple que Jésus nous ait donné. L’humilité est certainement l’une des vertus dont on a le plus parlé. On en parle, mais il faut surtout la vivre! Et pour la vivre, il faut l’aimer. Ainsi si nous voulons pratiquer l’humilité, il nous faut arriver à l’aimer. Il faut que notre coeur s’éprenne, qu’il s’amourache pour ainsi dire de cette vertu. Pour cela, il n’y a qu’un moyen: contempler Jésus, le Fils de Dieu fait Homme qui manifeste par Sa vie et Sa Parole Son amour de prédilection pour l’humilité. Quand nous aimerons cette grande vertu d’humilité, nous voudrons la pratiquer, nous voudrons reproduire dans nos vies les exemples de Jésus et nous y travaillerons avec toute l’ardeur possible. Plus nous méditerons sur la vie de Jésus et sur Son saint Évangile, plus nous réaliserons combien notre comportement est souvent si contraire à l’humilité et si éloigné des enseignements de notre divin Maître. Cette constatation nous attristera sans doute, mais heureuse souffranrce! puisqu’elle sera un signe que nous réalisons mieux et aimons davantage l’idéal à atteindre. Comme notre amour-propre est sensible, facilement offensé! Si l’on souffre quelques petits mépris, ou de simples petits oublis, vite on se croit négligé, compté pour rien, mis à l’écart. On pense ne pas être apprécié à sa juste valeur. S’il vous vient ce genre de pensées, regardez Jésus! Lui, le Fils de Dieu, a choisi de venir sur terre dans l’oubli, le silence; presque personne ne savait qu’Il S’était incarné.
Qui aura pardonné par bonté à son offenseur, nulle trace de péché ne demeurera dans son âme. SAINT CÉSAIRE