Accueil SuiteSaint Joseph est le plus grand homme de la création car non seulement le Père Éternel lui donna autorité sur Son Fils, mais Il lui alloua aussi Son Cœur. C’est pourquoi Saint Joseph est le Patron de l’Église Universel.
Saint Joseph a concouru à la réalisation du plan de la Providence en cachant à l’ennemi du genre humain le secret de l’incarnation du Fils de Dieu. Cette vocation ne ressemble à aucune autre; elle fait de saint Joseph un homme à part. Il a veillé sur l’Enfant et la Mère, il Les a soustraits à tous les périls. Dépositaire de la confiance de Dieu, il est l’ange visible de la sainte Famille. Combien doit être puissant devant le trône de grâce le serviteur fidèle auquel Dieu a donné en garde les trésors du ciel et de la terre! La mission angélique que saint Joseph a remplie à l’égard de la sainte Famille se perpétue dans l’Église. Toujours il sera le mandataire de Dieu, l’instrument de la Providence. Il veille sur les enfants de l’Église comme il a veillé sur le berceau de Bethléem; il les préserve des embûches de l’ennemi, pourvoit à leurs besoins spirituels et temporels et ramène les pèlerins de ce monde dans la céleste patrie. Saint Joseph est surtout le modèle et le guide des âmes intérieures. Adressons-nous à lui pour demander l’amour d’une vie cachée, la science de la prière et du culte de Dieu. R.P. Théodore Ratisbonne
MODÈLE DE VIE… CONTEMPLATIVE Dans le sens d’une vue simple et affectueuse de Dieu et des choses de Dieu. Évidemment, la science spéculative de Saint Joseph était bien limitée, puisqu’il n’avait pas spécialement étudié les Écritures comme les docteurs juifs. Il savait que Jésus était le Fils de Dieu et que Marie était sa Mère. Avec les textes qui concernaient le Messie et qu’il avait entendu expliquer par les rabbins, il avait de quoi exercer son esprit et surtout son coeur au sujet de Jésus devant lui à coeur de jour. Leur grande pauvreté les préservait des plaisirs distrayants que les riches affectionnent. Son amour pour Dieu le préservait de rechercher les biens de ce monde, de sorte qu’il ne lui restait plus que la vue et la compagnie de Jésus et de Marie pour l’intéresser. Tout son esprit et son coeur étaient concentrés sur Jésus, il était tout donné aux choses de Jésus du matin au soir et toute la nuit! Son coeur était complètement tourné du côté de Jésus et donc tout en Jésus. C’est là la base de la contemplation. La Providence a voulu incarner dans la vie de Joseph l’idéal de la vie chrétienne: tout ce que les hommes estiment et recherchent avec tant d’ardeur pour satisfaire leur amour naturel est absent de la vie de Joseph. C’est le plus parfait effacement de tout humain qu’on puisse trouver ici-bas. Aucun aliment des trois concupiscences se trouve là. Jésus et Marie remplissent toute la demeure et le monde de Saint Joseph: il ne vit donc que pour eux. Tout son coeur est là et donc toutes ses pensées. Toute sa vie est donc orientée entièrement sur Jésus et Marie. Voilà donc un parfait modèle de la vie contemplative. Saint Joseph aurait pu dire comme Saint Paul: «Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus qui vit en moi». Il était de fait tout perdu en Jésus et Marie. Il est fort probable que sa contemplation était simple dans ce sens qu’elle consistait en une orientation habituelle du coeur ou de son amour vers Jésus. Il n’a pas dû avoir de grandes révélations sur les mystères ou le plan de Dieu. Dieu a dû le garder surtout dans la foi pure où Dieu seul se manifeste à l’âme qui s’attache à lui comme tel et c’est tout! Comme il est plus parfait que l’amour soit uni à Dieu que l’esprit à ses vérités. Saint Joseph a dû avoir le plus parfait. Saint Jean de la Croix montre qu’aucune chose créée, même surnaturelle, n’est un moyen pour nous unir à Dieu. La foi est le plus parfait moyen, puisqu’elle ne fait que nous montrer Dieu en lui-même pour nous faire adhérer à lui tel qu’il est en lui-même. Un garçon qui est amouraché d’une fille ne s’arrête guère à contempler ses bijoux. C’est elle-même qu’il recherche et qu’il veut. Eh bien! Une âme fortement éprise de Dieu ne s’arrête guère à ses dons, mais c’est lui-même qu’elle recherche et qu’elle veut. Or, en dehors de Marie, personne au monde n’a aimé Jésus comme Saint Joseph, donc c’est Dieu seul qu’il aimait en Jésus et tout son coeur était noyé en l’amour de Dieu lui-même, et non dans ses vérités qu’il nous a révélées. Pour nous, elles sont un bon moyen d’arriver à Dieu, mais, pour lui, Dieu lui a donné la contemplation parfaite de la divinité comme telle. Aussi Jésus ne l’a pas distrait de sa contemplation en faisant des merveilles qui attireraient son attention et son admiration: il l’a laissé dans son union intime avec Dieu. Où sont les chrétiens qui imitent tant soit peu la contemplation de Saint Joseph! Qu’on demande à n’importe qui en quoi il met sa vie et son bonheur et combien pourraient répondre vraiment: «Je suis tout aux choses de Dieu! Toutes mes pensées et mon amour sont pour les choses de Dieu!». Pour la plupart, c’est tout le contraire: ils sont tout aux choses du monde! C’est leur vie et leur bonheur. Quel malheur pour eux! Ils ne sont pas du tout avec la Sainte Famille sur terre: ils ne seront donc pas avec elle au ciel, à moins de changer de vie. Plus une âme veut être sainte et plus elle sait que les choses sensibles lui sont un obstacle à son union avec Dieu. Elle les fuit, elle les méprise et ne veut même pas en entendre parler. Que tous les catholiques donc fuient le plus possible les plaisirs sensibles et naturels qui les sollicitent à tout instant de leur vie. Qu’ils ne consentent pas même à en parler. «La bouche parle de l’abondance du coeur», dit Jésus. Or, c’est Dieu seul qui doit remplir notre coeur d’après le premier commandement qui oblige absolument tous les chrétiens sans exception. Qu’on cesse donc de parler de niaiseries qui sont le sujet des conversations ordinaires des mondains. Nous devons être pleins des choses de Dieu et donc ne parler que de ces choses. Par le Père Onésime Lacouture (extrait de retraite)