Accueil SommaireL'Espérance
Pratiquer l'humilité, mais l'humilité du coeur. Si l'âme se tourmente quand on lui a fait quelque reproche, c'est parce qu'elle a de l'orgueil. Si vous vous découragez, si vous dites: “Je ne ferai plus rien; le coeur de Dieu est glacé”, pensez au contraire que c'est Lui qui vous envoie cette humiliation.
Espérer à cause de ses fautes. Merci, mon Dieu. Tant mieux de tomber mille fois, pour pouvoir deux mille fois Vous dire: J'ESPERE EN VOUS, SEIGNEUR! Voyez ma faiblesse, ma misère,Vous êtes seul ma force. Merci, merci de me faire connaître et sentir ce que je suis. Je préfère cela à des miracles. C'est meilleur pour moi. Je voudrais que tout le monde me vît tomber. Oh! Pauvre orgueilleuse que je suis, avec quoi nourrirais-je l'orgueil? Seigneur, merci, encore merci. Le salut de miséricorde. J'ai un sentiment au fond de mon coeur; il y est par la grâce de Dieu, et je sens que c'est vrai. J'ai commis toute espèce de crimes et d'infidélités; personne n'est comme moi sur la terre. Il n'y a pas une Soeur, pas une seule, que je ne voie avoir moins de péché et avoir été plus infidèle que moi. Et pourtant, je ne puis m'empêcher d'avoir ce sentiment: Dieu, par Sa miséricorde, me sauvera... Espérer malgré la désolation. Seigneur, visitez Votre Maison. Jetez sur elle un de Vos regards. Voyez, que d'animaux y entrent et l'ébranlent! Visitez-la, Seigneur, visitez Votre Maison... Jésus, visitez Votre Jardin. Sans Vous, c'est l'hiver; il n'y a pas de fruits. Faites comme le jardinier: il travaille la terre; il la fume, il sème, il regarde, il soigne, il taille, il arrose. Votre Jardin est sec. C'est mon âme; personne y apporte une goutte d'eau... Venez, Seigneur Jésus; sans Vous, je languis, je tombe. Vous seul êtes ma force, Vous seul ma joie Seigneur, rien ici-bas ne peut me consoler, ni la récréation, ni le ciel, ni la terre, ni les hommes, ni les anges. Rien ne peut me donner la joie, la paix que j'ai perdue en Vous perdant, ô mon Dieu. Ayez pitié de Votre servante. J'espère en Votre miséricorde, Seigneur, je ne puis vivre sans Vous. Espérer contre toute espérance. Mon Dieu, personne n'a péché comme moi. Aussi je jouis et j'espère beaucoup, parce que je ferai éclater Votre grande miséricorde. Je ne sens presque jamais la confiance; je n'ai aucun sentiment d'espérance; mais j'espère contre toute espérance... Je sens que je ne suis pas morte à moi-même. Aussi je ne crains que moi-même; je n'ai pas peur du démon; il ne peut rien, si on lui aide. Cependant, malgré ma malice et mes péchés, j'espère en Dieu. Les grâces qu'Il me fait tous les jours ne me consolent pas. Mais je m'appuie sur la foi en Dieu et j'espère contre l'espérance. Si je mourais de faim, de soif, et que le bon Dieu me laissât manquer de pain, j'espérerais qu'Il viendrait un moment où Il viendrait me nourrir. Oh! Je veux toujours espérer et m'abandonner... Cantique du désert et de la rosée. Me voyant comme une terre stérile, j'ai crié vers le Seigneur, et je Lui disais: Seigneur, ma terre est sèche et brûlée: envoyez-lui Votre rosée. Ma chair tombe en pourriture, mes pieds ne peuvent plus me porter, ni mes mains se remuer. Mes nerfs sont tout crispés; mes os se sont desséchés, la moelle de mes os est comme une fumée pourrie. Les cheveux de ma tête se sont durcis, ils sont tout droits et me piquent comme des aiguilles. Mes oreilles sont fermées et si dures que je ne puis entendre. Il sort du feu de mes yeux, qui ne voient plus la lumière. Mon nez est tout serré, ma langue est attachée à mon palais et ne peut plus prononcé une parole pour crier versVous. Mes dents sont si serrées, que l'air ne peut plus passer et que je vais mourir. Mes lèvres sont tellement desséchées, que je puis plus les remuer pour Vous appeler à mon secours. Seigneur, envoyez Votre rosée à cette terre stérile, et elle reprendra vie... Prière pour le temps de la désolation. Vous me demander le sacrifice de Votre présence, Seigneur; mais je ne puis y consentir. Faites-moi souffrir tout ce que Vous voudrez; mais ne me laissez pas sans Vous. Mon Dieu, je n'en puis plus. Mon coeur tombe en défaillance. Voyez, mon âme languit, mon coeur soupire. Hâtez-Vous, Seigneur, de venir, je ne puis vivre sans Vous. Vous êtes ma vie; je suis comme un mort sans Vous, un corps moisi, pourri, qui tombe en poudre. Je suis une petite poussière, et cette poussière Vous appelle: Exaucez-la; Venez la ramasser pour lui donner la vie; autrement, elle reste par terre toute moisie. O mon salut, Venez réchauffer cette moisie; faites fondre cette glace qui est dans mon coeur. Quand le soleil est caché, le froid rend la glace comme une pierre; et, si le soleil paraît, la glace fond. Ainsi mon âme, Seigneur, si Vous la laissez, est glacée comme une pierre, comme un corps mort. Quand l'âme s'en sépare, il devient froid, puis vert, puis noir; puis les vers le mangent et il tombe en poudre... ainsi mon âme, Seigneur, si Vous la laissez; elle devient froide, moisie et je sens jusqu'à la moelle mes os rancis; ma peau sèche comme une peau exposée au soleil... Venez, venez, ô ma vie. Hâtez-Vous de venir me ressusciter. Je n'en puis plus, je me meurs, je tombe en poussière. Et la poussière ne peut Vous louer, Vous servir. Seigneur, rendez la vie à mon âme, et alors elle Vous louera, Vous servira... Le poisson hors de l'eau meurt. Il vivra une heure, deux heures; mais après, il mourra; et, si on le remet dans l'eau, il reprend vie. Ainsi mon âme. À qui ressemblerai-je? Aux oiseaux, aux petits oiseaux dans le nid. Si le père et la mère ne leur portent pas à manger, ils meurent de faim. Ainsi mon âme, sans Vous, Seigneur, n'a pas sa nourriture; elle ne peut vivre... À qui ressemblerai-je? Au petit grain de froment jeté dans la terre. Si la rosée ne tombe pas, si le soleil ne le réchauffe pas, le petit grain moisit. Ainsi mon âme, Seigneur, si Vous ne faites pas tomber la rosée de Votre grâce et les rayons de Votre soleil; mais si Vous lui donnez Votre rosée et Votre soleil, le petit grain sera humecté et réchauffé; il prendra racine et poussera une plante et donnera beaucoup de bons grains. Si on arrache le racine d'un arbre, il sèche et meurt; il n'est bon qu'à être coupé et jeté au feu; mais, si on laisse une petite racine en terre, l'arbre reste vert et porte des feuilles, des fleurs et des fruits. Ainsi mon âme, Seigneur, sans Vous n'a pas de racine, n'est bonne à rien, ne peut pas porter de fruit. Comme une branche coupée se sèche; les fruits verts attachés à cette branche ne peuvent pas mûrir; ils restent verts, se sèchent et pourrissent, ainsi mon âme, Seigneur. Mais si la branche reste attachée à l'arbre, elle est belle et porte beaucoup de fruits. Il y a des temps pour tout. Il y a un temps de froid, de glace; alors l'arbre est sec. Il y a un temps de rosée, de pluie, un temps de soleil; alors l'arbre devient vert; il porte des feuilles, des fleurs, des fruits. Il y a aussi un temps de tailler l'arbre... À présent, mon âme est comme ce petit morceau de bois sec; si Vous le laissez là, il ne sera bon à rien; il va finir par pourrir et tomber en poussière. Mais si Vous jetez ce petit bois dans le feu, il brûlera et deviendra un charbon pour faire brûler l'encens devant Vous. Jetez, Seigneur, ce petit bois dans Votre fourneau pour le faire brûler en charbon, et il fera brûler le parfum de l'encens devant Vous. Vous me demander trois sacrifices, Seigneur? Non seulement trois, mais six, si Vous voulez. Vous savez que je désire Vous plaire en tout. Si mes yeux peuvent Vous plaire, prenez-les; ma langue, ma bouche, mon nez, prenez tout ce qui peut Vous plaire; ma tête, tous mes membres, mon corps, prenez tout; je Vous donne tout... Mais je ne puis consentir à avoir mon coeur froid pour Vous, Seigneur. Jetez-moi dans Votre fourneau pour brûler l'encens devant Vous... À qui ressemblerai-je? À une rose qu'on coupe et qu'on laisse sécher dans la main: elle perd sonparfum. Mais, si elle reste sur le rosier, elle est toujours fraîche et belle, et elle garde tout son parfum. Je suis comme une lampe sans huile; si on veut l'allumer, le verre se casse, et elle s'éteint. Ainsi mon âme sans Vous, Seigneur; Vous êtes l'huile de mon âme; elle ne peut s'allumer sans Vous, elle s'éteint. Faites couler l'huile de Votre grâce dans la lampe de mon âme pour brûler devant Vous. À qui ressemblez-Vous, Seigneur? À la colombe qui donne à manger à ses petits, à une tendre mère qui nourrit son petit enfant. À qui ressemblez-Vous, Seigneur? Il n'y a rien comme Vous... Montrez-Vous à moi, mon Dieu. Tirez ce rideau qui Vous cache; ouvrez, ouvrez ce rideau pour que je Vous voie... Je n'en puis plus; mon coeur tombe en défaillance, rendez-moi la vie. Levez ce voile qui Vous couvre; je ne puis plus vivre sans Vous voir. Venez, Seigneur, hâtez-Vous de Vous montrer...