sommaireLa Justice
Tout pour l'Amour, tout pour l'Amour! Dieu est amour, et moi, je suis néant...
CONTRITION. Mon Dieu, j'ai un vif regret de Vous avoir offensé. Pardonnez-moi, je me repens de tout mon coeur. Faites-moi miséricorde. Mon Dieu, j'espère, je m'abandonne à Vous. Mettez-moi où Vous voudrez, en enfer, si Vous voulez, je l'accepte; mais ne permettez pas que je Vous offense, mon Dieu. Plutôt mourir mille fois que de Vous déplaire... Ô mon Dieu, Vous si grand, si puissant, Vous êtes notre Père! Vous au ciel, et nous, petits vermisseaux, cendre, poussière sur la terre! Aujourd'hui dans ce monde, et demain peut-être morts!... Et, durant le moment si rapide de notre existence, nous osons Vous offenser! Ô mon Dieu, ayez pitié de nous... Le néant en face de l'Être. Hier, je fus très tentée... Je récitai l'office de la Sainte Vierge..., et je dis le Veni Creator. Puis je me jetai dans les bras de Dieu, m'abandonnant à Sauveur bonté. Je fus en esprit devant la porte du tabernacle; et, prosternée devant l'autel, je dis: “Seigneur, Votre servante a faim: donnez-lui un morceau de pain; elle a soif: donnez-lui une goutte d'eau.” Et il me semblait que je pleurais, non pas des yeux, mais du coeur, et j'ai arrosé l'autel de ces larmes. Et ensuite tous mes péchés sont passés en détail, l'un après l'autre, devant mes yeux. Et je me sentais plus la force de demander du pain, tellement je me sentais indigne et accablée. Et après, j'ai dit: “Seigneur, à présent, c'est fait, que voulez-Vous que je fasse? C'est fait, Seigneur; Vous savez la douleur que j'en éprouve dans mon coeur. La multitude de Vos miséricordes effacera la multitude de mes péchés. Seigneur, Vous êtes l'Être, et je suis le néant. Vous êtes Dieu, et je ne suis qu'un grain de poussière. Il faut que Celui qui existe éternellement ait pitié de celui qui n'est rien, et que Celui qui est Dieu éternellement fasse miséricorde à celui qui n'est qu'un grain de poussière. Souvenez-Vous, Seigneur, de l'ouvrage de Vos mains.” Puis, je me suis abandonnée à toute foi, à toute espérance, à toute confiance. Et je suis restée toute la nuit dans ces sentiments... Désunion et ambition. Il m'est venu à la pensée que mes péchés et mon peu de vigilance chassent Jésus. Hélas! Je pleurais en disant “Venez, Trinité Sainte, aidez-moi, changez-moi. Et je pleurais et je priais beaucoup pour notre Mère, la Sainte Église.” J'entendis une voix me dire: “Que voulez-vous que je fasse? Je retarde le triomphe de l'Église à cause de l'iniquité des enfants qui prennent le nom d'enfants de l'Église. Il n'y a pas l'union chez les prêtres entre eux ni chez les religieuses entre elles. Chacun veut l'honneur pour soi. Je vous le dis en vérité, trois fois en vérité, quiconque veut être honoré, Je le mépriserai, et quiconque veut être méprisé, Je l'honorerai. Il n'y a pas union entre frère et frère en religion, et entre religieuse et religieuse.” Ingratitude. Vois l'herbe. Eh bien, quand elle meurt et qu'elle sèche, elle peut dire “Tout est accompli.” Toutes les plantes, toutes les créatures peuvent dire cela; elles reconnaissent aussi leur Créateur. Il n'y a que l'homme qui ne peut pas dire que tout est accompli à sa mort, parce que l'homme pour qui Dieu a tout fait est un ingrat, un infidèle. Ne pas jeter des pierres dans le puits. Le Seigneur dit: quand vous buvez dans un puit ne jetez pas la pierre dedans (On n'aura pas de peine à reconnaître sous les voiles transparents de cette image le précepte de la gratitude.) et quand vous avez bu et jeté des pierres dedans ne revenez pas boire. La reconnaissance de la création confond l'ingratitude de l'homme. Il m'a semblé voir tous les animaux de l'univers, la tête baissée vers la terre. Ils ramassaient péniblement leur nourriture et semblait dire ainsi qu'ils étaient indignes de manger. C'est pour cela qu'ils baissaient la tête. L'homme, au contraire, marchait la tête levée. Il était comme un roi au milieux des animaux, qui étaient comme des agneaux, comme un troupeau docile entre ses mains et en sa présence. Et l'homme mangeait comme les autres animaux, mais sans incliner la tête; il l'élevait, au contraire, avec fierté. Tout lui obéissait, la terre, les arbres, les tigres, les lions, les oiseaux; enfin, il semblait être le roi de la terre, comme le Seigneur est le Roi du ciel. Et les animaux, après avoir bu et mangé, levaient la tête vers le ciel, comme pour Le remercier et Le bénir, tandis que l'homme mangeait et buvait sans songer à bénir la Main qui lui donne sa nourriture et le désaltère, sans penser à bénir le ciel. Et, à ce moment, quelqu'un s'est approché demoi et m'a dit: “Ma fille, tu as ton portrait. Toutes les bêtes, sans connaître Dieu, lèvent la tête vers le ciel, après avoir bu et mangé, comme pour Lui rendre grâces; et l'homme qui connaît Dieu, qui a été crée à l'image de Dieu, qui doit posséder Dieu, qui sera en dieu comme un Dieu, n'y pense pas et perd ainsi, par sa négligence, toute son autorité, toute sa puissance sur la terre et celle qu'il aurait en Dieu dans le ciel. Il devrait, parce qu'il connaît Dieu, Lui rendre grâces, non seulement pour lui, mais pour toute la création, parce que, seul, il est capable de le faire...” Faire profession de sa volonté. J'ai fait profession et remise de ma volonté àDieu. Il me l'avait donnée; je la Lui est rendue et donnée pour le temps et l'éternité. Je l'ai faite à Jésus, à Marie, au Père Éternel. Je l'ai faite en présence de la Très Sainte Trinité, devant les anges, devant les Saints, devanttoutes les créatures, et j'ai dit à Jésus: “Seigneur, Vous me l'avez donnée, je Vous la rends. Je vous la donne irrévocablement. Écrivez-le dans Votre coeur, dans le livre de vie, et que cela n'en soit jamais effacé. Ne me rendez jamais ma volonté, elle n'est plus à moi. Si Vous voyez que j'ai le malheur de vouloir la reprendre, ôtez-moi la vie à l'instant même. Je veux Votre volonté à travers tout, à travers les souffrances, les épreuves, les persécutions, les tribulations de toute espèce. Maintenant, c'est fait; ma volonté est à Vous . C'est Votre affaire de la garder. Si je la voulais de nouveau, et si Vous pouviez vouloir me la rendre, j'espère que Marie l'arrêterait, car c'est dans Ses mains, par Ses mains, que je Vous l'ai donnée. Je proteste que je ne veux rien que Votre volonté, à la vie, à la mort et toute l'éternité. À chaque instant, je renouvelle cette profession, à chaque soupir, à chaque respiration, à chaque battement de mon coeur, à chacune de mes actions. À présent, c'est fait; c'est à Vous de me le faire accomplir, de diriger par Votre volonté tout ce qui m'arrivera, tout ce que je dirai, tout ce que je ferai... ” Office divin. Mère Thérèse dit que, bien souvent, elle est venue assister à l'Office avec vous, mais qu'elle n'est pas toujours très contente quand il y a quelque agneau qui ne donne pas assez la voix. Les agneaux ne répondent pas non plus avec assez de ferveur aux petites choses comme amen, Deo gratias... Il ne faut pas trop s'écouter ni craindre de se fatiguer pendant le saint Office, mais se dépenser pour Jésus en chantant ses louanges. Quoi ça ferait quand vous mourriez? Vous devriez désirer, s'il était possible, de vous user à force de louer le Seigneur. Dans le ciel, on ne fait pas autre chose. Et vous aussi, petits agneaux, vous chanterez en paradis les louanges de Jésus Bien-Aimé... Oraison. Quand vous allez à l'oraison, soyez prêtes, préparez-vous d'avance. On invite pas le Roi dans une maison, sans la rendre libre, sans la préparer pour Le recevoir. Autrement, il n'entre pas, ou bien les officiers du Roi, les anges, ne l'inviteront pas à venir... Il faut commencer l'oraison par l'examen, voir ce qu'on a fait qui a pu déplaire à Dieu. Il faut voir ses défauts d'orgueil, de désobéissance, son manque de charité, de support. Il ne faut pas être faux, mais droit et sincère. Dieu voit tout... Il faut aussi avoir des armes à l'oraison et s'en servir... Il faut avoir la hache; et, si on trouve en soi un défaut, un obstacle, quelque chose enfin qui doive être exterminé, là, un bon coup de hache! La hache, c'est la bonne volonté...
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