Accueil Sommaire RecueilNotre-Seigneur à sainte Brigitte:«L’humilité ne consiste pas à ignorer le bien qui est en soi, mais à le rapporter à Dieu, comme à son unique Auteur.»
HUMILITÉ, AMOUR-PROPRE
Vénérable Mère du Bourg: «Seigneur, Vous semblez mettre en moi vos Complaisances, tandis que je ne puis me supporter moi-même.» «Ma fille, tu regardes dans ton âme ce qui vient de toi, et tu te méprises; Moi Je regarde ce que J’y ai mis par ma Grâce, et Je M’y complais. Il ne peut y avoir rien de bon dans une âme que ce que J’y mets par ma Grâce.» Notre-Seigneur à une âme intérieure, T.M.: «J’ai été méprisé, calomnié, traité d’insensé; et toi, tu voudrais qu’on t’estimât, tu serais encore sensible aux jugements que l’on porte sur toi Et cependant, si Je te montrais ta misère, telle qu’elle est, tu ne pourrais en supporter la laideur, tu tomberais dans le découragement.» Puis mon bien-Aimé me montra, par une figure sensible un aperçu seulement de ce que je serais sans ses Dons, et s’il me retirait sa Grâce. Je me vis comme une misérable mendiante, couverte de haillons, dans une misère noire... Comment l’amour-propre peut-il encore avoir une ombre d’entrée dans mon âme? J’enlevais mon manteau, au retour de l’église. J’ai entendu cette parole: «Il y a un manteau qu’il ne faut jamais quitter, c’est le manteau de l’humilité.» Notre-Seigneur à sainte Véronique Juliani: «Ma fille, plus tu seras humble, plus l’Amour grandira en toi. L’amour veut la souffrance, une vie détachée, humiliée. Tu n’es que néant et poussière, mais, comme Je suis l’Amour souverain, Je t’ai aimée et Je t’aime. Et si grand est mon Amour que Je te porte dans mon Coeur.» Notre-Seigneur à la Vénérable Caroline Clément: «O petit néant, combien Je t’aime! Mais, fais-toi encore plus petite et Je t’aimerai encore davantage.» Notre-Seigneur à la Vénérable Benigna: «Ce ne sont pas les fautes de fragilité qui arrêtent l’oeuvre de la perfection dans une âme; ce sont les détours de l’amour-propre, la recherche de soi-même.» Notre-Seigneur à sainte Madeleine de Pazzi: «L’amour-propre, l’amour de vous-même est la plus parfaite de toutes les haines, car il n’est pas d’ennemi dont la haine puisse vous être aussi préjudiciable que cet amour-propre, lequel est l’auteur de tous vos maux. C’est lui qui fournit des armes au démon pour vous attaquer; c’est lui qui Me met en mains la verge pour vous punir.» Notre-Seigneur à Marie Lataste: «Ne vous attachez point aux grandeurs de la terre; que sont-elles en comparaison de la grandeur de celui qui M’appartient et de la douceur de mon Amour?» Notre-Seigneur à la Solitaire des Rochers. «Oh! Que la louange est un terrible ennemi! Elle coule comme une huile agréable autour du coeur, flattant d’une manière si douce l’amour-propre, que non seulement on ne ressent point de chagrin de perdre toutes ses bonnes oeuvres, mais qu’on y a même du plaisir. La vaine gloire est si insolente qu’elle Me vole, Moi, à qui appartient toute Gloire. Elle n’attaque pas le vaisseau quand il sort du port pour aller faire sa cargaison, mais elle l’attaque ouvertement quand il retourne chargé. Elle attend toujours que l’homme ait pris bien de la peine à faire beaucoup de bonnes oeuvres pour ensuite l’en dépouiller.» La très sainte Vierge à Marie Lataste: Alors même que je me sentais comblée de grandeurs que Dieu déposait en moi, je conservais toujours le souvenir et la pensée de mon néant.» La très sainte Vierge à Marie du Saint-Sacrement: «Tu croîtras en sainteté dans la mesure où tu t’effaceras davantage.» Sainte Gertrude, profondément humiliée au souvenir de ses fautes, cherchait à se cacher, à s’anéantir. Notre-Seigneur s’abaissa vers elle et lui dit: «Je ne puis M’empêcher de venir à celle qui, par les attraits si puissants de l’humilité, emporte avec elle mon Coeur.» Sainte Madeleine de Pazzi: «Une simple goutte de parfaite obéissance vaut un million de fois davantage qu’un vase entier de la plus sublime contemplation.» Louis Veuillot: «Maintenant que les vérités catholiques me sont mille fois prouvées, croyant au Ciel et à l’enfer comme à mon existence, aimant Dieu, détestant le péché, si j’abandonnais les Sacrements l’espace de quelques mois, je me sentirais faiblir et je serais perdu, tant est forte en nous la corruption originelle, et tant cette herbe vivace cent fois arrachée, a bientôt fait de renaître, de tout envahir, de tout étouffer.» Sainte Catherine de Suède: «Ceux qui me louent entretiennent mon amour-propre et m’éloignent de la perfection. Ceux qui me blâment me rendent attentive à mes fautes et me procurent l’occasion d’exercer la vertu.» Sainte Brigitte: «A quoi me servirait la vaine gloire, puisque le corps de la reine ne vaut pas mieux que celui de la servante? Ils sont, tous deux, faits de poussière et de terre... Comment m’enorgueillir, moi qui suis incapable d’avoir une seule bonne pensée si Dieu ne me l’inspire?» R. P. de Caussade: «Le peu qu’on fait pour Dieu est gâté par le mélange de notre amour-propre. C’est une vérité si évidente qu’il est surprenant que tout le monde ne la voie pas et ne se tienne pas toujours anéanti devant Dieu. «Notre esprit est si profondément enseveli dans les replis de l’amour-propre, que cette vérité est pour nous enveloppée de ténèbres. Quelle grâce quand il plaît à Dieu de nous la faire sentir! On ne compte plus, alors, que sur les Mérites infinis de Jésus-Christ. Et voilà la pierre ferme, le fondement inébranlable que nul amour-propre ne peut endommager. C’est l’ancre du vaisseau, c’est le port du salut.» Sainte Brigitte: «On ne détruit jamais entièrement, tant qu’on habite ce corps mortel, le germe si vivace de l’orgueil et de la vanité. L’amour-propre tend sans cesse des embûches aux bonnes oeuvres, afin qu’étant faites, elles périssent. C’est de bonnes oeuvres qu’il se nourrit. «Nous sommes tous faits de la même argile, et cette argile s’appelle: orgueil, égoïsme, sensualité, faiblesse, amour-propre. Il le savait bien celui qui criait si lamentablement: “Le bien que je veux, je ne le fais pas, mais le mal que je ne veux pas, est en moi.” Et néanmoins, il fut l’un des plus parfaits serviteurs que Dieu ait eus en ce monde, parce que la Grâce qui ne manque jamais parvient à subjuguer les inclinations mauvaises.» Bossuet: «Plus on ôte à l’amour-propre, plus il s’efforce de reprendre d’une main ce qui échappe à l’autre; il se cramponne à tout, comme une personne qui se noie se prend à tout ce qu’elle trouve, même à des ronces et à des épines, pour se sauver. Il se replie comme un serpent, il se déguise, il se retranche dans un meuble, un livre, un habit, un rien. Tout ce qui fait une petite distinction, tout ce qui console l’orgueil abattu, tout ce qui nourrit un reste de vie naturelle et qui soutient ce qu’on appelle le “moi”, tout cela est recherché avec avidité... L’orgueil trouve en nous la résistance la plus désespérée; il nous faut cependant arriver humbles au Ciel.» Le Solitaire des Rochers: «Je vis le Ciel combattre contre l’orgueil, et le combat était si cruel que Dieu y exposait son Fils, comme homme, et que sans Lui, l’orgueil allait tout vaincre.» Notre-Seigneur à sainte Catherine de Sienne: «L’amour-propre revêt l’âme du vice de l’orgueil et la prive de mon Amour. L’amour-propre est la source de tout péché, il rend sauvage le jardin de l’âme; il la remplit de fruits empoisonnés tout en rendant des sons harmonieux.»