Sommaire Recueil AccueilSaint François de Sales: «La purgation de l’âme ne peut finir qu’avec notre vie; ne nous étonnons donc point de nos imperfections, car notre perfection consiste à les combattre.»
PEINES INTÉRIEURES
Notre-Seigneur à sainte Madeleine de Pazzi: «Quand tu te croiras abandonnée de Dieu, sache bien que ce ne sont que des apparences; que jamais Je ne retirerai la main qui te soutient. Cet état de privation où tu vivras sera un sujet de Plaisir et de Complaisance pour le Père éternel, un motif de joie pour les Esprits bienheureux, un soulagement pour les défunts et la confusion des démons. Mais dans cet abandon, cette aridité, ce délaissement si dur, tu Me seras tellement unie qu’il serait plus facile qu’un homme vive sans coeur que l’Époux céleste sans sa bien-aimée.» Notre-Seigneur à la Vénérable Marie du Bourg: Ma bien-Aimée, Je suis ton captif; les chaînes qui M’unissent à ton âme ne seront jamais brisées. «O mon Sauveur! Vous dites que Vous êtes mon captif cependant, Vous m’échappez bien souvent et me laissez dans la désolation. Je Vous cherche alors sans Vous pouvoir trouver.» Notre-Seigneur à sainte Angèle de Foligno: «O ma fille chérie ô mon temple et mon amour, voici l’heure où Je vais te quitter, te quitter quant à la consolation, mais non pas te quitter réellement. O ma fille chérie, Je t’aime plus que tu ne M’aimes et tu es ma Fiancée. Après de si douces paroles, je me trouvai plongée, dit la sainte, en de telles douleurs d’esprit, que je me crus abandonnée et fus sur le point de tomber dans le désespoir. J’entendis alors une Voix: “O ma bien-Aimée, sache que, dans cet état, Dieu et toi vous êtes plus intimes l’un à l’autre que jamais.” «Comment ferai-je pour Vous croire, quand je me sens abandonnée au fond de mon abîme?» «“Plus tu te crois abandonnée, plus tu es aimée de Dieu et proche de Lui. Quand l’âme se croit délaissée, elle est aimée plus qu’à l’ordinaire. Je te bénis de cette Main qui fut étendue sur la Croix et qui soutient le Ciel et la terre.”» Notre-Seigneur à sainte Marguerite de Cortone: «Je suis toujours avec toi, mais tu ne goûtes pas toujours la joie de ma Présence, car si tu en jouissais continuellement, tu ne sentirais le poids ni de l’affliction, ni de la tribulation, quelque pénible qu’elle fût. Tant que tu Me sens près de toi, aucune épine ne te déchire; quand tu Me crois éloigné, tu t’affliges. Cependant, ma Grâce demeure toujours, bien que tu n’en goûtes pas la suavité.» Notre-Seigneur à la Bienheureuse Varani: Souviens-toi que la prière aride, désolée, sans dévotion, est beaucoup plus méritoire que si ton coeur se fondait de tendresse. Surtout, ne crois pas qu’elle soit l’effet de la Colère divine, tandis quelle est en réalité un effet certain de l’Amour que Je te porte. Je n’entends point te donner le Paradis sur la terre... Je te veux au milieu des lys rouges de ma Passion, ces lys de la souffrance qui sont la chère pâture de mon Coeur... Je te l’ai dit souvent: Plus tu te croiras abandonnée, plus en réalité tu seras rapprochée de Moi.» Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie: «Si Je te veux en ma Présence, sourde, aveugle et muette, n’en dois-tu pas en être contente?... La prière de sacrifice, la prière qui coûte M’est plus agréable que la contemplation.» Notre-Seigneur à sainte Catherine de Sienne: «Cette alternative de visites et d’absences est un jeu de l’Amour c’est par Amour que Je pars, c’est par Amour que Je reviens. Je ne change pas; mais c’est l’effet sensible de mon Amour, qui paraît et disparaît dans l’âme.» Notre-Seigneur à la vénérable Mère du Bourg: La Grâce aide l’âme, mais lui laisse sentir la peine afin qu’elle puisse remporter la Couronne après avoir vaillamment combattu. Et s’il n’y avait pas de peine, où serait le mérite, où serait la gloire?» Notre-Seigneur à la Vénérable Benigna: «Les imperfections de l’âme entre mes Mains divines sont comme autant de pierres précieuses, parce que Je porte l’âme à faire des actes d’humilité. Si l’âme se prête à mes Desseins d’Amour, ses fautes, même les plus graves, même les plus honteuses étant pleurées, deviennent les pierres fondamentales de l’édifice de sa perfection.» Notre-Seigneur à Marie Lataste: «L’homme marche, tantôt avec force et courage vers le terme, tantôt avec faiblesse. Aujourd’hui, il est plein de feu, demain sans mouvement. Ce matin, il semblait pénétrer les Cieux par la sublimité et la grandeur des aspirations de son âme, sa figure rayonnait de joie. L’heure a passé; il rampe terre-à-terre, et par le trouble et le chagrin son front s’est obscurci. «Dieu semble quelquefois retirer ses Grâces, sa Force, son Soutien; Il abandonne les âmes à elles-mêmes pour qu’elles sentent leur misère et leur néant. Dieu agit ainsi pour leur faire comprendre qu’il n’y a rien de stable ici-bas, et qu’il faut toujours combattre.» Notre-Seigneur à sainte Brigitte: «Il est utile que les mauvaises pensées vous assaillent pour vous faire mériter davantage, et tenez pour certain que si la volonté, loin de s’y complaire, les repousse en les détestant, elles servent à l’âme de purification et de couronne. Si elles n’arrivaient pas, l’homme penserait que toutes choses viennent de lui, et que la Force que Je lui ai donnée est de lui-même. Il est donc nécessaire que Je permette ce combat pour purifier son âme et pour conserver ses vertus.» Sainte Chantal: «La première nuit que je passai dans notre petit monastère d’Annecy, mon coeur était tellement absorbé par le sentiment de la divine Présence, que je ne m’endormis que vers deux heures du matin. «Peu après, je m’éveillai en sursaut, et le démon environna mon intérieur de ténèbres, me suggéra mille et mille difficultés, des impossibilités sans nombre, me convainquit que j’étais une téméraire qui tentait Dieu de m’être ainsi chargée de cette entreprise. «Oh Dieu! Que cette secousse fut rude! Je n’y appliquai aucun autre remède que de prendre mon crucifix en me disant: Je marche sur les vents et les flots, mais c’est avec Jésus-Christ.» Une âme intérieure, T.M.: «Ce que je ne pouvais croire, c’est qu’on pût recevoir de grandes grâces comme j’en reçois, sans avoir une dévotion sensible, sans goûter de grandes consolations; et cependant, c’est vrai. On dirait que plus Dieu se donne à ma pauvre âme, plus elle est dénuée de tout bon sentiment. Loin de me faciliter la vertu, Notre-Seigneur augmente mes répugnances; je ne puis plus rien faire sans qu’il m’en coûte beaucoup. Hélas!, le moi, le pauvre moi vit toujours, et qu’on a de peine à le chasser au milieu de tant d’ennuis, de tant de dégoûts, de tant de répugnances! Je me trouvais tellement à bout, que j’ai dit à Notre-Seigneur: Mon Jésus, vous n’êtes plus en moi. «Pourquoi n’y suis-Je plus?, m’a répondu intérieurement le bon Maître. Ne veux-tu plus Me loger?» Une âme intérieure, T.M.: «Le jour de la Nativité de la très sainte Vierge, mon âme se trouva accablée d’un tel dégoût, d’un tel ennui, que j’essayais, mais en vain, de prier. Rien ne relevait mon âme abattue. Notre-Seigneur me fit connaître que l’état dans lequel je me trouvais était une montagne que je devais gravir et qu’il fallait, avec sa Grâce, m’élever au-dessus de ce “pauvre moi” qui m’est si à charge, que la sécheresse était l’école de l’humilité, le découragement, un orgueil blessé souffrant, et que l’union parfaite ne pouvait se faire que par la souffrance.» Sainte Madeleine de Pazzi: «Il y a un grand nombre de vierges en enfer, elles n’avaient pas d’humilité; mais les humbles ne pourront jamais y être entraînées.» Une sine intérieure, T.M.: Il est des moments où le divin Soleil éclaire l’âme, la réchauffe, la réjouit, l’embrase, la soulève; puis Il se cache. Alors, c’est l’ombre, toujours l’ombre. Tout travail est pénible dans le sombre, et tout est sombre sans Jésus. «Ma fille, dans cette obscurité, tu Me crois bien loin, et c’est alors que Je suis tout près”, lui dit Notre-Seigneur.» B. de F.: «Je suis persuadé que les moments de lassitude, aridité, sécheresse, nous sont nécessaires. Dieu les permet pour nous enlever un peu de cette confiance en nos propres forces que nous sommes disposés à avoir et qui ne sert qu’à gâter la sauce, en développant l’amour propre.» R. P. de Caussade: Ne savez-vous pas que, souvent, la Présence sensible de Dieu se tourne, par sa Douceur, en satisfaction d’amour-propre? Pour l’empêcher de nous devenir nuisible, Dieu nous l’ôte et ne nous laisse que cette présence de pure Foi, sans douceur.»