AccueilVoie d’enfance de Ste-Thérèse de l'Enfant Jésus
Dieu veut nous enlever de la tête toute vaine gloire, toute complaisance en nous mêmes. C'est pourquoi Il peut permettre que certaines âmes, avec la meilleure volonté du monde piétinent, se sentent impuissantes, se sentent comme naufragées. Le bon Dieu veut que nous soyons un peu dans cet état, dans cette attitude, pour ensuite nous prendre la main et dire: «Viens-t-en Mon petit enfant.» Ce sera la vraie voie d'enfance. Nous allons vivre le message de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus est une illustration de la voie mystique de saint Jean de la Croix, contrairement à ce que certains disent. Dieu a opéré dans l'âme de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus d'une manière imminente. Ce n'est pas pour rien qu'elle est une grande Sainte; elle a été sous l'emprise de Dieu. La vraie mystique, c'est l'âme qui devient sous l'emprise divine et qui agit continuellement par l'impulsion divine. Ce ne sont pas les extases et les visions. Les illuminations qu'une âme reçoit sont supérieures à cela. Il y aura des âmes qui seront vraiment sous l'emprise de Dieu, sans faits marquants extérieurement; dans ces âmes, on verra une action de Dieu très accentuée. Comme sainte Thérèse le dit si bien: c'est Dieu qui prend le petit enfant et qui le fait monter jusqu'à Lui. Il prend l'ascenseur du bon Dieu. Le petit enfant essaie de monter l'escalier; il trébuche et tombe, il n'est pas capable, il est impuissant. Ainsi de l'âme qui doit se réfugier en Dieu pour monter. Le bon Dieu veut que nous soyons dans cet état. Sans Moi vous ne pouvez rien. Notre impuissance doit nous mettre dans un état de prière continuelle. Le bon Dieu veut provoquer chez nous une prière perpétuelle et un cri continuel vers Lui. C'est ce qui nous établit dans l'état d'humilité qui plaît tant à Dieu. Tant qu'il n'y a pas cette attitude d'âme on ne peut être les instruments de Dieu. Le saint esclavage de saint Louis Marie Grignion de Montfort, c'est exactement l'enfance spirituelle dans les mains de la Très Sainte Vierge, notre Mère spirituelle. Les enseignements des Saints se rejoignent et ne font qu'un. La voie d'enfance, c'est l'âme livrée entre les mains de Dieu, qui est dirigée par Lui, qui marche selon les impulsions divines. L'âme ne fait plus rien d'elle même. Si le bon Dieu veut vous faire faire des petits tours d'avion, c'est de Ses affaires. Les faits extraordinaires ne nuisent pas à la voie d'enfance; au contraire, ils peuvent aider, selon les jugements de Dieu, selon les chemins par lesquels Il conduit les âmes. L'important c'est l'union à Dieu par la conformité à Sa volonté divine: une conformité joyeuse, amoureuse, à toutes Ses Volontés, chaque instant de notre vie. C'est ainsi que l'âme vit dans une grande paix et une grande joie. Ce n'est pas compliqué d'être saint. La sainteté ne consiste pas à se flageller: sainte Thérèse de l'Enfant Jésus l'avait compris. Le bon Dieu Se charge de tout. Accomplissons tout simplement notre devoir, acceptons toutes les volontés de Dieu et toutes les souffrances qu'Il veut nous donner: c'est le meilleur cilice. Confions tout à Dieu et il n'y aura pas de problèmes. C'est Dieu qui S'occupe de notre formation et qui nous donne les pénitences qu'Il juge à propos. Nous n'avons qu'à accepter les pénitences de notre travail, de la pauvreté, et tous les renoncements que le bon Dieu met dans notre vie. En regardant les macérations des Saints, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus a vu que c'était trop pour elle. Elle s'est confiée en Dieu: c'est un chemin très court. Au lieu de vouloir nous sanctifier nous mêmes, nous laissons faire le gros travail par le bon Dieu. Il le fera si nous faisons les premiers pas et si nous accomplissons ce qui dépend de nous. Ensuite attendons tout de Dieu, convaincus que seuls, nous ne pouvons arriver à rien. Dès que nous savons que c'est Dieu qui fera l'oeuvre, tout devient facile. Nous n'avons pas peur d'aspirer aux plus hauts sommets, car c'est Dieu qui nous montera. Certaines âmes disent: «Ah! je vais me contenter d'être un petit saint...» Si vous comptez sur vos propres efforts, sur vos propres forces, je comprends que vous ne vouliez pas aller trop loin. Mais si vous comptez sur Dieu, ce n'est pas plus difficile pour Lui de faire de vous un grand saint qu'un petit saint. C'est bien plus glorieux pour Lui. Ce sont des grands Saints qu'il faut, comme sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus qui était consumée dans l'amour de Dieu. Elle vivait toute en Dieu; c'était une âme favorisée de Dieu continuellement. Elle était sous l'impulsion divine: son esprit était illuminé. Pour dire tout ce qu'elle a dit, il a fallu qu'elle soit sous l'emprise de la lumière divine. C'est de toute beauté d'entendre une petite sœur parler comme elle l'a fait. Son enseignement n'a pas été dépassé. Les plus grands mystiques n'ont pas mieux parlé. Vous voyez bien qu'elle était dans l'illumination divine perpétuelle. C'est en esprit d'amour que le Père de Foucauld s'imposait tant de pénitences. Ces pénitences n'enlevaient rien à sa voie d'enfance parce qu'il ne mettait pas sa sainteté dans ces choses là. Elles étaient tout simplement une preuve d'amour. Si vous vous imposez une souffrance, c'est peut être pour votre âme une expression d'amour envers Dieu. Comprenez vous? Tout devient une expression d'amour, mais ce n'est pas un moyen en lui-même. Dans le passé, on a basé la sainteté sur des pénitences, des macérations, des longues prières. On a mis toute la sainteté dans cela, tandis que la sainteté est dans la conformité amoureuse à la volonté de Dieu, conformité joyeuse parce que nous aimons tout ce qui vient de Dieu. Ce qui Lui est conforme est pour nous notre bonheur. Il faut pratiquer cet abandon à la Providence, même pour ce qui regarde notre âme. La petite voie d'enfance est parfaitement vraie. Nous devons abandonner tout ce qui regarde notre âme entre les mains de Dieu et n'avoir qu'un souci: PLAIRE A DIEU. Peu importe nos mérites! Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus voulait donner tous ses mérites et arriver devant le bon Dieu sans aucun mérite, mais avec l'amour, tout simplement. C'est l'abandon matériel, non seulement de notre personne mais même de notre âme qu'il nous faut. Il y a un abandon matériel, mais aussi un abandon spirituel entre les mains de Dieu. C'est encore là la petite voie d'enfance spirituelle. Que d'âmes se nuisent parce qu'elles se font un programme spirituel! Elles veulent s'organiser une vie spirituelle à leur manière tandis qu'elles devraient tout abandonner entre les mains de Dieu. Ces âmes feraient des progrès encore plus grands. Nous devrions aimer toute la volonté de Dieu. Ce devrait être pour nous un bonheur d'accomplir ce que Dieu nous demande, dans un oubli total de nous-mêmes. C'est ce qui nous manque du premier au dernier. Nous devons faire la volonté de Dieu de bon coeur, avec joie. C'est l'abandon qui glorifie le plus Dieu. Nous ne pourrons jamais assez nous abandonner entre les mains de Dieu pour tout ce qui nous concerne. Voilà le saint esclavage de Marie: nous nous abandonnons entre Ses mains. C'est aussi la petite voie d'enfance, et cet abandon absolu glorifie tellement Dieu! C'est un acte de foi et un acte d'amour en même temps. Cela ne peut pas se faire sans amour. C'est l'amour qui nous inspire cette confiance. Nos inquiétudes sont un manque de confiance en Dieu qui dirige toute chose. S'Il veut telle chose de nous, n'ayez pas peur, Il l'obtiendra, Il est le Maître. Si nous abandonnions tout, Dieu y mettrait la main. Mais si vous vous tracassez, Dieu vous laissera avec la sottise des humains; ils peuvent faire toutes sortes d'erreurs. Au lieu d'être entre les mains de Dieu, vous serez entre les mains des hommes et ils feront n'importe quoi avec vous parce que justement vous n'aurez pas tout abandonné entre les mains de Dieu. Si vous vous abandonnez éperdument entre les mains de Dieu, Il fera des miracles. Il ne peut pas tromper les âmes qui Lui abandonnent tout par esprit d'amour, de confiance absolue. Abandonnez tout éperdument entre les mains de Dieu, et vous verrez que quand c'est nécessaire, Dieu interviendra directement. Il bouleversera tout pour S'occuper de cette âme qui s'est abandonnée sans aucune réserve, sans aucun souci, entre Ses mains. Il y va de Sa gloire. Quand le petit enfant essaie de marcher, ses parents lui disent: «Viens, viens, mon petit, viens.» Le petit tombe par terre et la maman le remet au bout de la salle. «Viens, reviens.» Il tombe encore. Après qu'il est tombé plusieurs fois, les parents le prennent. Sainte Thérèse nous montre cet exemple. Le bon Dieu veut nous voir tomber par terre. Il prend plaisir à voir nos efforts avec ce que nous avons d'humain. Dieu nous laisse tomber plusieurs fois et ensuite Il vient nous prendre par la main et nous fait marcher. Dieu exige notre effort; il faut donner notre maximum. Que toutes nos facultés servent à cette fin, et ensuite le bon Dieu viendra couronner ces efforts. La tâche deviendra facile, au point que nous nous demanderons: «Qu'est ce qui se passe?» C'est Dieu qui nous aura donné la main. Ce qui nous paraissait impossible, Il nous le rendra subitement facile, doux, suave. Quand Dieu nous tient par la main, nous pouvons accomplir les plus grandes choses. Nous pouvons franchir les montagnes avec la puissance de Dieu.