Accueil SuiteLe Pardon des offenses
«Le surnaturel n’existe pas dans le monde. C’est œil pour œil, dent pour dent, se venger de ceux qui nous ont offensés. Le surnaturel, c’est le pardon: Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous calomnient.» «Il y a dans l’Évangile des choses qui doivent être prises à la lettre et d’autres qui ont un sens spirituel. Par exemple, lorsque Notre-Seigneur dit: Pardonnez à ceux qui vous ont offensé, le “pardonnez” doit être pris à la lettre. Il ne faut pas faire comme les gens qui disent: “Ah! Je lui pardonne, mais qu’il ne se montre pas. Je ne peux pas le souffrir.” Ces gens n’ont pas pardonné; ils n’observent pas la parole du Seigneur.» «Toute vie humaine a sa part de souffrances que bon Dieu permet. L’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre hommage à Dieu. S’ils M’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi, de dire Notre-Seigneur dans l’Évangile. Il faut l’accepter, pas juste en parole, mais en acte et en vérité; il faut pardonner à ceux qui nous font souffrir.» «Si nous regardons les choses avec un œil humain, nous prenons tout de travers. Mais lorsque nous les regardons dans l’optique divine, nous aimons tout le monde; nous ne pouvons pas avoir d’aversion envers qui que ce soit, puisque tous sont les enfants de Dieu pour lesquels Notre-Seigneur est mort.» «Les fruits ordinaires d’une âme conduite par le bon Dieu, les indices infaillibles, sont d’abord la patience, l’humilité, l’acceptation des mépris, la charité et le pardon des injures. Les âmes inspirées du bon Dieu pardonnent les mauvais traitements qu’elles subissent. Les imposteurs qui s’attribuent des voies extraordinaires qui ne sont pas de Dieu, supportent mal ceux qui les méprisent. Ils se vengent et gardent des rancunes.» «Le bon Dieu se sert pour nous de la même mesure dont nous nous servons pour notre prochain. Si nous sommes bons et miséricordieux envers notre prochain, même le prochain malveillant, Dieu Se fera libéral, bon, miséricordieux envers nous. Il nous l’a dit: On se servira pour vous de la même mesure dont vous vous serez servi pour votre prochain.» «Le démon nous inspire des antipathies vis-à-vis de notre prochain qui sont de pures illusions. Il nous donne de vaines frayeurs des autres qui sont des excuses pour garder nos ressentiments, nos rancœurs. “Ah! Celui-là, je ne veux pas le voir, il m’effraie.” Ce sont des tentations du démon. Nous devons aller à notre prochain et vaincre tous ces sentiments rancuniers.» «On lit dans la vie de saint Jean de la Croix qu’étant supérieur, il a dû réprimander des religieux tièdes, négligents et les réprimander assez sévèrement. C’était pourtant un grand Saint qui avait beaucoup de charité. Devenu malade, il est tombé entre les mains d’un de ces religieux, nommé supérieur à son tour. Ce Supérieur a laissé saint Jean de la Croix mourir de misère pour se venger. Voyez-vous comment le démon peut nous entortiller dans ses filets, quand nous n’avons pas le pardon dans le fond du coeur. Faisons attention, de ne pas nourrir des sentiments d’antipathie. Il faut aller à rebours de toutes nos inclinations.» «Traitons notre prochain comme l’être le plus cher, autrement nous offensons gravement Dieu. Ordinairement, les propos peu charitables sont la manifestation de la méchanceté du coeur, d’une rancune, d’une jalousie. C’est un mal irréparable à moins d’un miracle de Dieu. De grands châtiments sont réservés pour les langues sales.» «Le bon Dieu veut que nous soyons comme Lui si nous voulons avoir la charité, comme du bon pain que tout le monde peut manger. C’est parce que nous n’avons pas l’humilité que nous n’arrivons pas à pratiquer la charité. Cela prend beaucoup d’humilité pour se laisser bafouer. La charité nous demande de nous laisser bafouer, sans chercher à nous venger; que nos meilleures intentions soient déformées sans qu’il n’y ait pas aucun sentiment de rancune dans nos cœurs. Aussitôt que nous laissons pénétrer un sentiment de rancune, d’amertume, nous détruisons la charité.» «Le mépris est l’arme du démon pour abattre ceux qui veulent travailler pour le bon Dieu. Vous allez faire tout votre possible et vous allez apprendre qu’on a dit ceci et cela de vous, que votre dévouement a été plus ou moins apprécié. Il faut aimer ces personnes. Plus ils vous mordent, plus il faut les aimer. Mais le monde ne peut pas faire cela, il sombre dans l’amertume, dans la rancune quand cela ne va pas jusqu’à la vengeance.» «Vous lisez dans la vie de saint Joseph de Cupertino, un grand Saint extraordinaire, qu’il avait tout le temps la tentation de se venger. Le démon le poussait à la vengeance. Toute sa vie, il a dû lutter contre cette tentation. Il faut lutter, se rappeler à l’ordre. Nous avons la tentation de ne pas supporter quelqu’un qui nous méprise? Il faut tout de suite nous mettre en prière et aller à rebours.» «Quand nous aurons l’humilité de coeur, nous aurons la charité. D’où viennent les manquements à la charité? La plupart du temps, de l’orgueil. L’orgueil nous pousse à mépriser notre prochain, à nous venger d’un certain affront que nous croyons avoir subi. Si nous pensons que notre prochain a été désobligeant envers notre petit personnage, nous nous croyons en droit de lui rendre la pareille.» «Parfois nous souffrons moralement, mais nous cachons notre souffrance par un sourire. Sachons être acteurs pour le bon Dieu; c’est la seule hypocrisie qui est bonne. Si quelqu’un vous fait du mal, faites-lui des bontés en échange. C’est la vengeance des chrétiens. Voilà les effets de la charité. Je vous laisse avec la parole de Notre-Seigneur: Aimez-vous les uns les autres, c’est à ce signe qu’on reconnaîtra que vous êtes Mes disciples.» «L’esprit de Dieu est un esprit de douceur, de pardon; prenons garde aux emportements, aux colères, même aux saintes colères. On les pense saintes, mais ce n’est pas toujours sûr. Si nous sommes tout bouleversés, mécontents, si nous avons l’aigreur, l’amertume dans l’âme, ce n’est pas de Dieu. Dieu nous met la joie, la paix dans l’âme, des sentiments de charité, même envers ceux qui nous contrarient. Il nous inspire des sentiments de bonté. Les sentiments de dureté, de méchanceté vis-à-vis de notre prochain ne sont jamais inspirés de Dieu.»