Suite... Sommaire Chapitre 8 Qui poursuit le discours du chapitre précédent par l'explication du douzième de l'Apocalypse.
Apparut dans le ciel un grand signe, une femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête.
Retour à l'accueil1, 8, 94. La lettre de ce chapitre de l'Apocalypse se dit: «Apparut dans le ciel un grand signe, une femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête (Apoc. 12:1-18). Et elle était enceinte, et elle criait en enfantant, et elle était dans des tourments pour enfanter. Et un autre signe fut vu dans le ciel et l'on vit un grand dragon roux qui avait sept têtes et dix cornes et sept diadèmes sur ses têtes et sa queue renversait la troisième partie des étoiles du ciel, et il les précipita sur la terre, et le dragon se posa devant la femme qui était pour enfanter, afin de dévorer le fils lorsqu'elle l'aurait donné à la lumière. Et elle enfanta un fils mâle qui devait gouverner les nations avec une verge de fer: et son fils fut ravi à Dieu et à son trône, et la femme s'enfuit dans la solitude où elle avait un lieu préparé par Dieu, afin qu'elle y fût alimentée mille deux cent soixante jours. Et il arriva une grande bataille dans le ciel; Michel et ses anges combattaient avec le dragon et le dragon et ses anges combattaient: et ils ne prévalurent point, et depuis lors leur place ne se trouva plus dans le ciel. Et il fut précipité ce dragon, cet ancien serpent qui s'appelle diable et Satan et qui trompe tout le globe: et il fut précipité sur la terre et ses anges furent envoyés avec lui. Et j'entendis une voix dans le ciel, qui disait: "Maintenant ont été faits le salut, la vertu et le règne de notre Dieu et la puissance de son Christ; puisqu'il a été rejeté, l'accusateur de nos frères, qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. Et ils l'ont vaincu par le Sang de l'Agneau et les paroles de ses témoignages, et ils ont exposé leurs âmes jusqu'à la mort. Pour cela, réjouissez-vous, cieux, et vous qui y habitez. Malheur à la terre et à la mer, parce qu'est descendu vers vous le diable qui a une grande colère, sachant qu'il a peu de temps!" Et après que le dragon se vit précipité sur la terre tel qu'il était, il poursuivit la femme qui avait enfanté un fils mâle: et des ailes d'un grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envolât au désert en son lieu, où elle fut alimentée pendant un temps et des temps et la moitié d'un temps, hors de la face du serpent. Et le serpent lança de sa bouche comme un fleuve d'eau, afin de la faire entraîner par le fleuve. Et la terre aida la femme et la terre ouvrit sa bouche, et elle absorba le fleuve que le dragon avait lancé de sa bouche. Et le dragon s'indigna contre la femme, et il s'en alla pour faire la guerre aux autres de sa génération, qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus-Christ. Et il demeura sur le sable de la mer.» 1, 8, 95. Jusqu'ici est la lettre de l'Évangéliste et il parla au passé, parce que la vision de ce qui était déjà passé, lui était alors montré, et il dit: Qu'il apparut dans le ciel un grand signe, une Femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête. Ce signe apparut véritablement dans le ciel par la Volonté de Dieu qui Le proposa manifestement aux bons et aux mauvais Anges, afin qu'à cette vue leurs volontés se déterminassent à obéir aux préceptes de Sa Volonté. Et ils le virent ainsi avant que les bons se déterminassent au bien et les mauvais au péché. Et ce fut comme un signe de ce que Dieu Se montrerait si admirable dans la formation de la nature humaine. Et quoiqu'il en eût donné connaissance aux Anges en leur révélant le mystère de l'union hypostatique, néanmoins Il voulut la leur manifester par différents moyens en une pure Créature, et en La plus parfaite et La plus sainte qu'Il devait créer après Notre Seigneur Jésus-Christ. Et ce fut aussi comme un signe qui assurait aux bons Anges que bien que Dieu demeurât offensé par la désobéissance des mauvais Anges, Il ne laisserait point d'exécuter le décret de créer les hommes: parce que le Verbe Incarné et cette Femme Sa Mère Lui seraient infiniment plus agréables que les Anges désobéissants pouvaient Lui déplaire. Ce fut aussi comme un arc-en-ciel, à la ressemblance duquel celui des nues serait posé après le déluge (Gen. 9:13), afin d'assurer que si les hommes péchaient et étaient désobéissants comme les Anges, ils ne seraient point châtiés comme eux sans rémission; parce qu'il leur était donné, une médecine et un remède salutaire par le moyen de ce Signe merveilleux. Et ce fut comme s'Il disait aux Anges: Je ne châtierai point de cette manière les créatures que je dois créer; parce que de la nature humaine descendra cette Femme dans les entrailles de laquelle S'Incarnera Mon Fils Unique qui sera le Restaurateur de Mon amitié, qui apaisera Ma justice et qui ouvrira le chemin de la félicité que le péché aura fermé 1, 8, 96. En témoignage de cela, après que les Anges désobéissants eurent été châtiés, le Très-Haut Se montra aux bons Anges à la vue de ce Signe comme rasséréné et apaisé de la colère que l'orgueil de Lucifer Lui avait occasionnée. Et à notre manière de concevoir Il Se récréait de la présence de la Reine du ciel représentée dans cette Image; donnant entendre aux saints Anges qu'Il mettrait dans les hommes, par le moyen de Jésus-Christ et de Sa Mère, la grâce et les dons que les apostats avaient perdus par leur révolte. Ce grand Signe eut aussi un autre effet dans les bons Anges qui étaient, à notre manière de concevoir, comme affligés, contristés et presque troublés de la lutte avec Lucifer et de sa perfidie. C'est pourquoi le Très-Haut voulut qu'ils fussent réjouis par la vue de ce Signe et que leur gloire essentielle fût augmentée de cette joie accidentelle, méritée aussi par leur victoire contre Lucifer; en voyant cette Vierge de Clémence qui leur était montrée en signe de paix (Esth. 4:11), ils connurent aussitôt que la loi du châtiment ne les comprenait pas, puisqu'ils avaient obéi à la Volonté divine et à Ses préceptes. Les saints Anges comprirent aussi dans cette vision plusieurs des mystères et des secrets de l'Incarnation qu'elle renfermait, ainsi que de l'Église militante et de ses membres; et qu'ils devaient aider et assister le genre humain, en gardant les hommes, en les défendant de leurs ennemis et en les conduisant à la Félicité éternelle; qu'eux-mêmes recevaient cette Félicité par les mérites du Verbe Incarné et que Sa Majesté les avait préservés en vertu du même Jésus-Christ prévu dans Son Entendement divin. 1, 8, 97. Et comme tout cela fut un sujet de grande joie et de grande allégresse pour les bons Anges, c'en fut aussi un de grand tourment pour les mauvais Anges, et comme le principe et une partie de leur châtiment, car ils connurent aussitôt ce dont ils n'avaient point profité et que cette Femme devait les vaincre et leur écraser la tête (Gen. 3:15). L'Évangéliste comprit dans ce chapitre tous ces mystères et beaucoup d'autres que je ne puis expliquer et spécialement dans ce grand Signe; bien qu'il le rapporte obscurément et en énigme, jusqu'à ce que le temps arrive. 1, 8, 98. Le soleil dont il dit que la Femme était couverte est le vrai Soleil de Justice: afin que les Anges comprissent la Volonté efficace du Très-Haut qui voulait et déterminait d'assister toujours par grâce dans cette Femme, de lui servir de bouclier et de la défendre de Son bras et de Sa protection invincibles. Elle avait la lune sous ses pieds; parce que dans la division que ces deux planètes, le soleil et la lune, font du jour et de la nuit, la nuit du péché signifiée par la lune devait demeurer sous ses pieds et le soleil qui est le jour de la grâce devait éternellement la vêtir tout entière. Et aussi parce que les diminutions ou déclins de la grâce qui arrivent à tous les mortels devaient être sous ses pieds et qu'ils ne pourraient jamais monter ni à son corps ni à son âme, lesquels devaient toujours être dans leur croissant, au-dessus de tous les hommes et de tous les Anges; et seule Elle devait être libre de la nuit et des déclins de Lucifer et d'Adam, qu'Elle foulerait toujours aux pieds, sans qu'ils pussent prévaloir contre Elle. Et comme si toutes les fautes et toutes les forces du péché originel et des péchés actuels eussent été vaincues, le Seigneur les lui posa sous les pieds en présence de tous les Anges, afin que les bons la reconnussent, et que les méchants, bien qu'ils ne comprissent pas tous les mystères de la vision, craignissent cette Femme même avant qu'Elle eût reçu l'être. 1, 8, 99. Il est clair que la couronne des douze étoiles sont toutes les vertus qui devaient couronner cette Reine du ciel et de la terre: mais le mystère du nombre douze avait rapport aux douze tribus d'Israël auxquelles se réduisent tous les élus et les prédestinés, comme l'Évangéliste le marque au chapitre sept de l'Apocalypse. Et parce que tous les dons, toutes les grâces et toutes les vertus de tous les élus devaient couronner leur Reine dans un degré immensément supérieur, pour cela la couronne des douze étoiles lui fut posée sur la tête.