Sommaire Retour à l'accueilIl y eut un grand combat dans le ciel: Michel et ses Anges combattaient avec le dragon et le dragon et ses Anges combattaient.
Chapitre 9 Qui poursuit le reste de l'explication du Chapitre douze de l'Apocalypse.
1, 9, 106. Il y eut un grand combat dans le ciel: «Michel et ses Anges combattaient avec le dragon et le dragon et ses Anges combattaient.» Quand le Seigneur eut manifester ces choses aux bons et aux mauvais Anges, le saint prince Michel et ses Anges combattirent par la permission divine avec le dragon et ceux de sa suite. Et ce combat fut admirable, parce qu'il se faisait avec les entendements et les volontés. Saint Michel avec le zèle de l'honneur du Très-Haut qui brûlait dans son coeur et armé de la puissance divine comme aussi de Son humilité, résista à l'orgueil vaniteux du dragon, disant: «Le Très-Haut est digne d'honneur de louange et de respect, d'être aimé, craint et obéi de toute créature: et Il est puissant pour opérer tout ce que Sa Volonté détermine, et Il ne peut rien vouloir qui ne soit très juste, Celui qui est incréé et sans dépendance d'un autre être, et qui nous a donné par grâce l'être que nous avons, nous créant et nous formant de rien; et Il peut créer d'autres créatures encore, dans le temps et de la manière qu'il sera de Son agrément. Et il est raisonnable que, prosternés et soumis devant Sa face, nous adorions Sa Majesté et Sa Grandeur royale. Venez donc, ô Anges, suivez-moi, adorons-Le et louons Ses Jugements secrets et admirables, Ses Oeuvres très saintes et très parfaites. Il est le Dieu Très-Haut et Supérieur à toute créature et Il ne le serait pas si nous pouvions parvenir à comprendre Ses grandes Oeuvres. Il est infini en Sagesse et en Bonté, riche en Trésors et en Bienfaits: et comme Seigneur de tout et qui n'a besoin de rien, Il peut les communiquer à qui Il Lui plaira davantage, et Il ne peut errer dans Son élection. Il peut aimer qui Il aime, et Se donner à qui Il aime, et aimer qui Il veut; et élever, accroître et enrichir qui Lui semblera bon: et en tout Il sera Sage, Saint et Puissant. Adorons-Le avec action de grâces pour l'Oeuvre merveilleuse de l'Incarnation qu'Il a déterminée, pour les faveurs envers Son peuple et pour sa réparation, si ce même peuple vient à tomber. Et ce suppôt des deux Natures, Divine et humaine, adorons-Le et recevons-Le pour notre Chef; confessons qu'Il est digne de toute louange, magnificence et gloire, et comme Auteur de la Grâce et de la Gloire, donnons-Lui Vertu et Divinité [a].» 1, 9, 107. Saint Michel et ses Anges combattaient avec ces armes, et ils frappaient le dragon et les siens avec de forts javelots; et lui aussi il combattait avec des blasphèmes. Mais ne pouvant résister à la vue du saint Prince, il se retournait furieux, et il aurait voulu fuir à cause du tourment qu'il endurait; mais la Volonté divine ordonna qu'il ne fût pas seulement châtié, mais aussi vaincu, et qu'il reconnût à son grand détriment la vérité et la Puissance de Dieu. En blasphémant il disait: «Dieu est injuste d'élever la nature humaine au-dessus de la nature angélique. Je suis l'Ange le plus excellent et le plus beau et le triomphe m'est dû. Je poserai mon trône au-dessus des étoiles (Is. 14:13) et je serai semblable au Très-Haut; je ne m'assujettirai à aucun être de nature inférieure, ni je ne consentirai que personne ne me précède ou soit plus grand que moi.» Les alliés apostats de Lucifer répétaient la même chose. Mais saint Michel leur répliqua: «Quel est celui qui puisse s'égaler et se comparer avec le Seigneur qui habite dans les cieux? Tais-toi, ennemi, avec tes blasphèmes formidables et puisque l'iniquité t'a possédé, éloigne-toi de nous, ô malheureux, et va avec ton ignorance aveugle et ta méchanceté au chaos et à la nuit ténébreuse des peines infernales. Et nous, ô esprits du Seigneur, aimons et révérons cette Femme Bienheureuse qui donnera chair humaine au Verbe Éternel; reconnaissons-La pour notre Reine et notre Maîtresse.» 1, 9, 108. Dans ce combat, le grand Signe de la Reine était un Bouclier pour les bons Anges et une Arme offensive contre les mauvais; parce qu'à sa vue les raisons et les combats de Lucifer n'avaient point de force: il se troublait et il devenait comme muet, ne pouvant supporter les Mystères et les Sacrements qui étaient représentés dans ce Signe. Et comme ce Signe mystérieux était apparu par la Vertu divine, Sa Majesté voulut aussi qu'apparût l'autre figure ou signe du dragon roux et que sous cette forme il fût ignominieusement lancé du ciel, à l'épouvante et à la terreur de ses adhérents et à la grande admiration des saints Anges: car cette nouvelle démonstration de la Puissance et de la Justice de Dieu causa tout cela. 1, 9, 109. Il est difficile de réduire en paroles ce qui se passa dans ce combat mémorable, à cause de la grande distance qu'il y a entre nos courtes raisons matérielles et la nature et les opérations de tant d'esprits angéliques si excellents. Mais les mauvais Anges ne prévalurent point (Apoc. 12:8), parce que l'injustice, le mensonge, l'ignorance et la malice ne peuvent prévaloir contre l'Équité, la Vérité, la Lumière et la Bonté; et ces vertus ne peuvent être vaincues par les vices. Et pour cela il est dit que "dès lors leur place" ne se trouva plus dans le ciel. Par les péchés que ces Anges disgraciés commirent, ils se rendirent indignes de la Vue éternelle et de la Compagnie du Seigneur; et leur mémoire fut rayée de Son Entendement, où avant de tomber ils étaient comme écrits par les dons de grâce qu'Il leur avait accordés: et comme ils furent privés du droit qu'ils avaient aux places qui leur étaient préparées s'ils eussent obéi, ce droit fut passé aux hommes [b] auxquelles ces places furent destinées, les vestiges des Anges apostats demeurèrent tellement effacés qu'ils ne se trouvèrent jamais plus dans le ciel. O méchanceté malheureuse! et malheur jamais assez exagéré, digne d'un châtiment si formidable! 1, 9, 110. «Et il fut précipité ce dragon, cet ancien serpent qui s'appelle diable et Satan et qui trompe tout le globe, et il fut jeté en terre, et ses Anges furent envoyés avec lui.» Le saint Prince Michel rejeta du ciel le dragon avec cette Parole invincible: Qui est semblable à Dieu? parole si efficace qu'elle put renverser ce superbe géant et toute son armée et le lancer avec une ignominie épouvantable dans l'inférieur de la terre, commençant avec son malheur et son châtiment à avoir de nouveaux noms de dragon, de serpent, de diable et de Satan que le saint Archange lui donna dans la bataille, et tous attestent son iniquité et sa malice. Et privé pour cela de la félicité et de l'honneur qu'il déméritait, il fut aussi privé des noms et des titres honorifiques, et il acquit ceux qui déclarent son ignominie. Et l'intention de méchanceté qu'il proposa et qu'il commanda à ses confédérés, de tromper et de pervertir tous ceux qui vivent dans le monde manifeste son iniquité. Mais celui qui dans ses pensées blessait les nations fut traîné aux enfers, comme dit Isaïe (Is. 14:15) au fond du lac, et son cadavre fut livré à la teigne et au ver de sa mauvaise conscience et tout ce que le prophète dit en ce lieu s'accomplit en Lucifer. 1, 9, 111. Le ciel demeurant net des mauvais Anges, le voile de la Divinité fut tiré pour les Anges bons et obéissants, qui étaient triomphants et glorieux pendant que les Anges rebelles étaient châtiés, l'Évangéliste poursuit en disant qu'il entendit une Grande voix dans le ciel qui disait: «Maintenant soient faits le salut, la vertu et le règne de notre Dieu et la puissance de Son Christ, parce qu'il a été rejeté l'accusateur de nos frères, qui les accusait jour et nuit en présence de notre Dieu.» Cette voix que l'Évangéliste entendit était celle de la Personne du Verbe, et tous les saints Anges l'entendirent avec intelligence, et ses échos parvinrent jusqu'à l'enfer où elle terrifia et fit trembler les démons, quoiqu'ils ne comprissent point tous ses mystères, mais seulement ceux que le Très-Haut voulut leur manifester pour leur peine et leur châtiment. Et cette voix fut celle du Fils au nom de l'Humanité qu'Il devait prendre demandant au Père éternel que le salut, la Vertu et le Règne de Sa Majesté et la Puissance de Son Christ fussent faits; parce que déjà avait été rejeté l'accusateur des frères du même Jésus-Christ Notre Seigneur, lesquels frères étaient les hommes. Et ce fut comme une pétition devant le trône de la Très Sainte Trinité, demandant que le salut et la vertu fussent faits, et que les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption fussent confirmés et exécutés, contre l'envie et la fureur de Lucifer qui était descendu du ciel irrité contre la nature humaine dont le Verbe devait se revêtir. Et pour cela Il les appel "frères" avec un suprême amour et une immense compassion; et Il dit que Lucifer les accusait jour et nuit; parce qu'en présence du Père Eternel et de toute la Très Sainte Trinité, il les accusa au jour qu'il jouissait de la grâce, nous méprisant dès lors avec son orgueil, et depuis dans la nuit de ses ténèbres et de notre chute, il nous accuse beaucoup plus, sans que cette accusation et cette persécution ne doivent jamais avoir de cesse, tant que le monde durera. Et Il appela Vertu, Puissance et Règne les Oeuvres et les Mystères de l'Incarnation et de la Mort du Christ, puisque c'était par le moyen de ces mystères que devaient s'opérer et se manifester Sa Vertu et Sa Puissance contre Lucifer. 1, 9, 112. Le Verbe, au nom de l'humanité, intercéda pour les hommes devant le trône de la Divinité; et selon notre manière de concevoir le Père Éternel conféra de cette pétition avec les Personnes de la Très Sainte Trinité, et manifestant en partie aux saints Anges le décret du consistoire Divin sur ces Sacrements, il leur dit: «Lucifer a levé l'étendard de l'orgueil et du péché, et il poursuivra le genre humain avec toute fureur et iniquité et par son astuce il en pervertira plusieurs, se servant d'eux-mêmes pour les détruire et aveuglés par les péchés et les vices, les hommes prévariqueront en différents temps avec une dangereuse ignorance; mais l'orgueil menteur et tout péché et tout vice sont infiniment éloignés de Notre Etre et de Notre Volonté. Élevons donc le triomphe de la Vertu et de la Sainteté, que la seconde Personne S'Incarne passible, et qu'Elle accrédite et enseigne l'Humilité, l'Obéissance et toutes les Vertus et qu'Elle opère le salut pour les mortels; et étant Dieu véritable que le Verbe Incarné S'humilie, qu'Il Se fasse le moindre de tous, qu'Il soit Homme juste, et Exemplaire et Maître de toute sainteté, et qu'Il meure pour le salut de Ses frères. Que la Vertu seule qui triomphe toujours des...
Suite...